Le Petit Braquet
 
-
 
 

Maladie de Parkinson

 

Amis cyclistes parkinsoniens, pédalez… très vite…

Le vélo comme thérapie contre la maladie de Parkinson

Pratiquer le vélo pourrait être une thérapie pour les malades de Parkinson qui ont des difficultés pour marcher.

Nous connaissons les symptômes de cette maladie incurable, tremblements, perte du contrôle des mouvements et de l’équilibre, mais les causes sont méconnues.

Parkinson est une affection progressive et dégénérative provoquée par la mort des cellules nerveuses chargées du contrôle et de la coordination des mouvements. Elle touche les neurones qui libère la dopamine qui est un neurotransmetteur indispensable au contrôle des mouvements.

Le traitement administré aux malades de Parkinson est essentiellement médicamenteux.

Aux Etats-Unis, le Professeur Jay L. Alberts, spécialisé dans la recherche biomédicale, (de la clinique de Cleveland) est parvenu à réduire les symptômes de la maladie en invitant les patients à faire du… vélo.

Pendant 2 mois, 26 patients, à raison de 3 fois par semaine, ont dû s’astreindre à des exercices consistant à pédaler sur des vélos d’appartement à assistance électrique permettant un pédalage à vitesse rapide (90 tr/mn). Les patients ont éprouvé une nette amélioration de leurs tremblements et une diminution des difficultés à marcher. Cette vitesse rapide aide vraiment le malade de Parkinson.

Cet exercice physique à une influence importante sur le plan moteur mais également il permet de lutter contre le découragement et l’abattement du malade.

Cette expérience est a été faite en 2012. Mais, c’est en 2003 que ce Professeur a découvert que les malades de Parkinson pouvaient profiter de cette nouvelle thérapie. Puis en 2005, l’expérience se répéta avec un patient qui parvint à ne pas trembler de ses mains pendant quatre heures après une promenade à vélo.

Le Professeur L. Alberts dont les résultats ont été publiés en 2008 dans le journal scientifique « Neurorehabilitation and Neural Repair, a montré que les malades de Parkinson ayant pratiqué des exercices forcés pendant huit semaines, à un niveau supérieur de 30% à celui qu’ils étaient capable de pratiquer, ont ressenti une amélioration de 35% de leurs tremblements, de leurs difficultés à marcher et des autres symptômes de la maladie.

Cette amélioration est restée quatre semaines, après la fin des exercices. Il semble que l’activité physique soit un véritable remède, les chercheurs sont encore en phase d’expérimentation mais les résultats concluant permettent de croire en l’avenir de ces thérapies.

Le 2 janvier 2013, un reportage de FR 3 19/20 Rhône-Alpes a été consacré au témoignage d’un cycliste drômois atteint de la maladie de Parkinson. En quelques semaines, il a retrouvé son potentiel physique en suivant un programme de travail approprié sur home-trainer. C’est le Dr Robert Gauthier, président de l’ancien centre médico-sportif de Lyon, qui a élaboré ce programme et suivi le cycliste.

Pour ma part, pratiquant le vélo depuis l’âge de 14 ans, atteint de Parkinson depuis quelques années, et adepte d’une fréquence de pédalage rapide, la maladie, pour l’instant, n’évolue pas…

Pour conclure, le vélo maintient en forme, mais peut également redonne aux malades physique et moral…

Gérard MOUCHET (Source Citycle, Priorité Santé, Cap Retraite)

 

maladie de Parkinson« Le vélo et la maladie de Parkinson »

Le Professeur Bas Bloem ne s'attendait vraiment pas à faire la découverte suivante : malgré leurs sérieux troubles de la marche, les personnes atteintes de la maladie de Parkinson peuvent faire du vélo ou patiner.

Les scientifiques pensent que ce phénomène est lié à la façon dont le cerveau stocke les différentes formes de mémoire. Cette découverte permet aux malades de Parkinson continuer à faire des activités physiques pour préserver leur santé.

Rien n'empêche de faire du vélo avec la maladie de Parkinson Le Professeur Bas Bloem du centre médical Nijmegen de l'université Radboud en Hollande croyait avoir tout vu après s'être occupé de patients atteints de la maladie de Parkinson pendant des années. Jusqu'à ce qu'il rencontre un homme de 58 ans, incapable de marcher, mais pouvant faire du vélo !

"Il souffre de freezing de la marche, ce sentiment étrange qu'ont les malades de Parkinson d'avoir les pieds collés au sol", explique le scientifique. Et d'ajouter : "Cet homme m'a raconté qu'il avait récemment fait quelque 50 miles en vélo et qu'il pratiquait ce sport de façon régulière. Je lui ai objecté qu'il savait bien que c'était impossible et qu'il ne pouvait pas faire du vélo en raison de son Parkinson.

Mais il a insisté." Une vidéo réalisée à l'hôpital montre en effet le patient tremblant et à peine capable de faire quelques pas avant de perdre l'équilibre dans les couloirs de l'hôpital. Un second film le montre à son aise sur un vélo dans le parking de l'hôpital comme si de rien n'était. Mais dès qu'il saute du vélo, les tremblements reprennent et il oublie comment marcher.

Une autre partie du cerveau intervient-elle ?

Le Professeur Bloem a interrogé 20 autres patients à un stade avancé de la maladie de Parkinson et tous ont affirmé être capables de faire du vélo. Il semblerait que le programme moteur responsable des mouvements faits en vélo soit stocké dans une partie différente du cerveau que celui qui est à l'origine de la marche.

"A moins que lorsqu'ils font du vélo les patients parviennent à explorer d'autres parties de leur cerveau qui ne sont pas encore atteintes par la maladie de Parkinson afin de soutenir les mouvements rythmés de leurs jambes", explique le médecin.

Le Professeur Bloem suggère que les patients parkinsoniens continuent à faire du sport grâce au vélo. "Nous savons que la sédentarité due à la maladie provoque des problèmes physiques. Non seulement ils sont privés de relations sociales, mais en plus ils ont plus de risques de souffrir de maladies cardiovasculaire", explique-t-il.

Le vélo pour combattre Parkinson ?

Du monde entier, des médecins ont écrit au Professeur Bloem pour lui faire part de cas similaires. Une Canadienne affirme que sa mère parkinsonienne ne peut marcher, mais fait du patin à glace à merveille. Le Professeur Bloem espère que cette découverte pourra être utilisée pour ralentir l'évolution de la maladie de Parkinson grâce à des exercices physiques adaptés. En attendant le scientifique a entrepris des tests cliniques. Les résultats de cette étude, dont le coût s'élève à un million de dollars seront publiés à la fin de l'année 2011.

Source : http://www.annuaire-retraite.com/

Pédaler pour lutter contre la maladie de Parkinson par Robert Gauthier et Bernard Devenasse,

Introduction :

Bernard Devenasse
quinze ans d’expérience dans la presse cycliste, a été atteint voici plus de trois ans par la maladie de Parkinson. Alors qu'il pratiquait encore la compétition chez les cyclosportifs, il s'est brutalement retrouvé condamné à marcher avec une canne et à réduire ses activités. À cet effondrement physique, s’est alors ajouté un brutal effondrement psychologique. Robert Gauthier, président de l'ancien centre médico-sportif de Lyon, a été d'un soutien déterminant pour lui redonner l'envie de lutter et de retrouver son potentiel physique, avec des programmes de travail physique appropriés. En quelques semaines, notre ancien collaborateur a récupéré l'essentiel, même s’il doit aujourd’hui encore, faire face à des « jours sans » et gérer certaines douleurs. Par son passé professionnel incluant une formation en psychomotricité, Bernard Devenasse a pu analyser et comprendre le contrôle corporel qu'il convient de mettre en place pour compenser les déficits inhérents à cette grave maladie. Un témoignage qu’il a souhaité vous faire partager avec le très précieux concours de Robert Gauthier.

Robert Gauthier et Bernard Devenasse –

La maladie de Parkinson est une affection neurologique dégénérative, qui touche le système nerveux central et se traduit par des troubles neuro-moteurs avec évolution progressive. On peut cependant ralentir, voire conserver l’essentiel de son potentiel par un travail équilibré et parfaitement symétrique de ce système. Le cyclisme, sport porté sans contrainte de poids sur les articulations des hanches et genoux, est une discipline la mieux adaptée. Elle permet d’une part d’améliorer les cycles respiratoires et cardiaques pour rétablir une bonne oxygénation corporelle, mais aussi de renforcer la musculature et d’assouplir les systèmes ligamentaires et tendineux. Néanmoins, si la maladie est à un stade avancé, avec une perte importante du potentiel d’énergie, il est plus sage au départ d’utiliser un vélo d’appartement ou home-trainer.

Le vélo en complément du suivi médical

L’homme est une machine thermique dont le moteur dépend de l’alimentation et l’oxygène issu de la respiration. Cet oxygène, transféré par le flux sanguin, gère l’ensemble du système corporel, du cerveau jusqu’aux muscles qui produisent l’énergie. C’est donc le rythme cardiaque qui conditionne le potentiel énergétique. Les symptômes les plus connus de la maladie de Parkinson sont les tremblements qui affectent dans un premier temps un ou plusieurs membres mais ils ne constituent pas la manifestation la plus grave. La destruction de certaines cellules cérébrales entraîne le ralentissement des mouvements avec l’altération de la synchronisation gestuelle, des douleurs articulaires et des contractions aux extrémités, qui handicapent la marche en perturbant les appuis du pied. Dès lors le corps se replie sur lui-même, avec une réduction de l'amplitude respiratoire. Ce déficit d'oxygénation, ajouté aux douleurs persistantes, réduit alors tout le potentiel énergétique. Les efforts deviennent de plus en plus pénibles et les gestes perdent de leur précision. Il faut donc lutter contre cette inévitable déchéance dès les premiers diagnostics. Ce combat demeure possible à condition de le vouloir avec courage et de ne pas s'en remettre uniquement à la chimie. Le dialogue avec le médecin, dont l’action se limite souvent aux médications, devient indispensable. Le travail personnel de l'activité cycliste qui vous est proposé ci-dessous, vient en complément du traitement médical et d’un suivi en kinésithérapie et ostéopathie.

Les exercices à réaliser

Si vous devez choisir un vélo d’appartement, optez pour un modèle qui mesure la fréquence cardiaque via les poignées du guidon. Les cyclistes habitués à pédaler sur un home trainer avec leur vélo de route utiliseront leur cardiofréquencemètre.

  • - Pour débuter : bien se positionner sur le vélo (voir encadré) et pédaler en souplesse avec un niveau de résistance très faible, afin de privilégier la cadence de pédalage et travailler la coordination, face à la perte de synchronisation des mouvements. Attention aux saccades dues aux ralentissements du mouvement sur le côté atteint.
  • - Séquences de 5 à 15 min : pour contrôler la régularité de votre coup de pédale, concentrez-vous sur le bruit émis par le pédalage afin obtenir un ronronnement régulier sans à-coup à chaque tour de pédalier, notamment au passage du point mort de l'appui, entre la jambe valide et la jambe malade.
  • - Objectifs : équilibre et coordinations, assouplissement des articulations, étirement des ligaments et des muscles.

Dès ce premier niveau, l’essentiel est d'apprendre à contrôler son corps par des actes volontaires en raison de la perte des actes réflexes ou à l’inverse de lutter contre les réflexes parasites. Cet autocontrôle permet de corriger la perturbation du pédalage et le relâchement des membres et du tronc : les contractions parasites se manifestent au niveau des mains, des pieds, du dos, de la nuque. Répéter mentalement un « check up » en boucle pour les relâcher.

  • - Contrôler l’amplitude respiratoire en expirant bien, ce qui amène une inspiration profonde par automatisme naturel.
  • - Si les orteils se recroquevillent, il est probable que l'appui se transfère exagérément vers l'extérieur du pied. Pour corriger, le ramener en permanence vers l’intérieur, sur l'articulation du gros orteil (voir encadré pour le réglage de la hauteur de la selle).
  • - Jour après jour : aller jusqu’à 20 min. Après 5 min de récupération, reprendre sur 10 ou 15 min. Ne pas chercher à vouloir trop en faire et courir le risque d’induire un état de fatigue permanente.
  • - Travail de la puissance : varier les braquets sur hometrainer ou avec la résistance sur un vélo d’appartement. Alterner entre le travail de la force (résistance élevée à faible cadence de pédalage) et la cadence (résistance faible à cadence élevée). Pour améliorer progressivement la coordination et le rendement des 32 groupes musculaires de la jambe, on peut tourner jusqu'à 150 tours/min. Mais à cadence rapide, il est plus difficile de contrôler les réflexes parasites engendrant des contractures. Aussi, il convient de bien maîtriser chaque palier avant d'augmenter la cadence. L’ostéopathie et la kinésithérapie sont des compléments bénéfiques pour compléter ce travail des systèmes musculo-squelettique et tendineux-ligamentaire.
  • - Récupération : ne pas oublier l'importance d'une bonne récupération. D'une part pour pouvoir effectuer une séance profitable d'effort, d'autre part pour ne pas accumuler une fatigue qui nécessitera plusieurs jours de repos en cassant la progression du travail. Si on ressent de la fatigue (muscles douloureux après la nuit, difficulté à monter le rythme cardiaque), il faut se limiter à une séance légère en souplesse sans monter le rythme cardiaque (récupération active). Au besoin, observer quelques jours de repos, sans culpabiliser peut s'avérer nécessaire.

Connaître ses cycles cardiaques

À ce niveau, il serait indispensable de passer un test d’effort dans un centre médico-sportif qualifié.

  1. - Fréquence de repos : une oxygénation minimale est nécessaire pour gérer les fonctions vitales de l’organisme, même sans activité ou durant le sommeil. C’est le « métabolisme basal » que l’on mesure en position sur le vélo, sans pédaler, durant 5 min en respirant calmement. Relever cette FC Repos et la contrôler régulièrement. Elle s'abaissera progressivement avec la progression de l’endurance.

  2. - Fréquence maximale : augmentation progressive de la charge par séquences successives d'environ 2 min chacune, avec accélération à la limite des possibilités sur la fin. Relever cette FC Max et la contrôler régulièrement. Une augmentation progressive de la fréquence maximale devrait également paraître au fil des semaines.

  3. - Potentiel énergétique : c’est l’écart FC max - FC repos. Prenons l'exemple d'une FC Max de 160 bpm (battements par minute) et d'une FC Repos sur vélo de 60 bpm, la différence 160 - 60 constitue le potentiel énergétique disponible de 100 bpm.

    - Ratios intéressants :

  4. La zone de Lipolyse est atteinte lorsque 80 % de l’énergie pour produire l’effort est extraite des masses grasses corporelles. La limite du travail en Lipolyse qui se situe vers 55 % du potentiel, est déterminée comme suit d’après l’exemple ci-dessus : Fréquence Repos (soit 60 bpm) + 55 % du potentiel énergétique (soit 55 bpm). Le travail en Lipolyse ne devra donc pas dépasser 115 bpm (60 + 55). C’est aussi la plage de travail ou l’endurance progressera.

  5. Le seuil physiologique : il détermine la zone cardiaque d'effort où la quantité d'oxygène inspirée est égale à celle du gaz carbonique expiré. Elle se situe vers 80 % du potentiel énergétique. Avec l’exemple ci-dessus : Potentiel à 100 bpm, on admettra un seuil physiologique à : 60 (FC Repos) + 80 (80 % du potentiel énergétique) = 140 bpm. Un travail progressif et bien conduit permettra aussi d'élever ce seuil, comme l’expérience nous l'a prouvé.

  6. Avec le rythme cardiaque Après le calcul des fréquences, il faut apprendre à gérer ses cycles cardiaques et programmer des exercices à effectuer régulièrement :
  • - Échauffement progressif : 10 à 15 min dans la plage cardiaque de Lipolyse.
  • - Effort de 20 min et plus : puissances progressives, alternances entre force et cadence, possibilité de remonter le seuil physiologique par une méthode largement expérimentée sur des coureurs professionnels au CMS de Lyon.
    • - Echauffement de 5 min entre -20 et -10 bpm de la FC du seuil physiologique, selon l’exemple ci-dessus de 140 bpm. Zone de travail entre 120 et 130 bpm.
    • - Puis 3 min entre -10 et - 5 bpm de FC seuil. Zone de travail entre 130 à 135 bpm.
    • - Enfin 1 min entre -5 bpm et le FC seuil. Zone de travail entre 135 et 140 bpm.

Dans un premier temps, ce travail améliore l’endurance, puis déplace le seuil vers le haut. Mais au départ ou les jours de fatigue légère, on peut réduire la durée des séquences à 3 - 2 - 1 minute.

  • - Récupération : basse cadence sur 5 min, sans force de freinage. Relever également la « FC récupération ». Dans l'idéal, elle devrait être inférieure à 100 bpm. Mais, grâce à l’endurance, elle doit s’abaisser progressivement.
  • - Arrêt total de 5 min, puis étirements en respectant la symétrie des mouvements.

Après quelques semaines, on constate de sensibles progrès sur tous les équilibres du corps. Par sécurité, et pour améliorer encore plus les capacités énergétiques, il faut poursuivre ce travail basique et reprendre la marche, puis les promenades en vélo pour retrouver les qualités de la vie.

Après deux mois de travail sur hometrainer, Bernard, dont le potentiel énergétique s'était effondré à 50 bpm, a vite récupéré au point d'atteindre 120 bpm. Il a repris le vélo sur les routes, d’abord en accompagnant les plus jeunes compétiteurs de son club, puis après quatre mois, en participant, sans préoccupation chronométrique, à une cyclosportive de 140 km en montagne, enfin en réalisant le défi qu'il s'était fixé : l’escalade du Mont Ventoux. Même s'il doit composer aujourd'hui avec des jours de fatigue et des douleurs aux pieds, il assure les travaux d’entretien de sa propriété et roule deux à trois fois par semaine. Pour le moment, il maîtrise encore parfaitement ses tremblements et peut poursuivre sa seconde passion : la peinture.

Je vous invite à visiter son blog consacré à son oeuvre (a voir absolument !)


Blog : peinture de Bernard-Devenasse

Les bleus à l'âme "Lorsque le fardeau des bleus de ton âme devient trop lourd pour tes épaules trop frêles,
Avant qu'il ne risque de t'entraîner vers les profondeurs du désespoir, avant qu'il ne soit trop tard,
Accepte cette main tendue pour t'aider à porter ce sac bien trop lourd,
Lâche enfin prise et viens tout contre moi réchauffer ton coeur et ton âme,
Ouvre doucement tes yeux et cherche ta propre image dans mon regard,
Repaies-toi d'amour et retrouve l'estime de toi pour aller à demain"

BD

ARTICLES DE PRESSE

Alain, plus fort que la maladie de Parkinson      [Source : Nouvelle République)

Alain Multeau, atteint de la maladie de Parkinson, vient de parcourir 382 km à vélo de Chouzy à Saint-Brévin-les-Pins, accompagné de son fils. Récit.

La maladie de Parkinson n'a pas eu le dessus sur la détermination d'Alain, âgé de 59 ans.

Ce projet de rallier à vélo Chouzy-sur-Cisse, où il habite, à Saint-Brévin-les-Pins (Loire-Atlantique) le taraudait depuis 2009. Il voit quasiment son rêve s'envoler quand à la fin de cette même année les médecins mettent un nom sur sa pathologie. « Cette annonce m'a fichu un coup, confie Alain. Ça faisait un an et demi que les docteurs cherchaient ce que j'avais. J'avais des problèmes de mobilité du côté gauche de mon corps. Ma jambe traînait.

Quand le neurologue a évoqué Parkinson, je lui ai répondu que je n'avais pas de tremblements. D'autres symptômes existent pour cette maladie. » Alain pense que son projet est tombé à l'eau, mais sa famille l'encourage à croire en son rêve.

La maladie le lasse beaucoup. « Il m'a fallu deux ans pour gérer cette fatigue, avant d'envisager à nouveau ce défi de la Loire à vélo. J'ai voulu prouver qu'on pouvait faire ralentir l'évolution de la maladie par l'activité physique, tout en poursuivant un traitement et en se ménageant », explique Alain, membre du comité France Parkinson 41.

Une première averse au bout de 4 km

Il replonge alors dans la préparation de son parcours long de 382 km, qu'il divise en six étapes réalisables en cinq jours et demi. Ses proches insistent pour qu'il ne parte pas seul. Son fils Dimitri, âgé de 32 ans, décide de l'accompagner. Cinq mois avant le départ, Alain s'entraîne seul, avant de partager quelques heures de vélo avec son fils sur les routes du coin.

Tout est fin prêt pour le départ le lundi 9 juillet. A Onzain, après seulement 4 km, une averse leur tombe dessus. Un bref aperçu de ce qu'ils allaient devoir endurer. La petite famille les accompagne jusqu'à Chaumont-sur-Loire, avant de les laisser partir tous les deux. A tour de rôle, ils prennent derrière leur vélo la remorque contenant leur toile de tente, des duvets, du matériel de secours, une pharmacie et des affaires personnelles. Chouzy - Savonnières - Saumur - Bouchemaine - Oudon - Le Pellerin et enfin Saint-Brévin, telles sont les communes où ils ont fait étape, dans des campings ou des hôtels. Les jeudi et vendredi, ils n'ont pas cessé de rouler sous la pluie, avec aussi un vent qui les a bien ralentis. Bien équipé pour affronter l'eau, Alain a tenu le rythme qu'il s'était fixé. Se sentant un peu raide au réveil, il ne lui fallait pas longtemps pour se chauffer sur le vélo. « Mes douleurs au niveau du dos s'estompaient en pédalant. » Le tracé n'était pas de tout repos, avec des côtes de 10 à 12% de dénivelé. C'est le 14 juillet, vers 13h30, qu'ils achèvent leur parcours à Saint-Brévin-les-Pins, félicités par leurs proches qui ont fait le déplacement.

Ce succès donne des idées à Alain. L'an prochain, il prévoit de parcourir à vélo Chouzy - Nevers, soit 321 km. Reste à trouver un accompagnateur.

Claire Neilz (la Nouvelle République)

 

 
 
     

© lepetitbraquet.fr