Le Petit Braquet, Coup de Chapeau à
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- Chronique n° 58
 
 

Coup de chapeau à

 

Coup de chapeau à ...

 

Ceux qui ne revinrent pas !  (2ème partie)

 

 

« Le chemin creux nous apparaissait maintenant comme une série d’entonnoirs, remplis de lambeaux d’uniformes, d’armes et de morts ; à perte de vue le terrain environnant était complètement retourné par des gros calibres. Pas un seul petit brin d’herbe auquel pût s’accrocher le regard. Ce champ de bataille labouré était horrible. Les défenseurs morts gisaient pêle-mêle parmi les vivants. En creusant des trous pour nous terrer, nous nous aperçûmes qu’ils étaient empilés par couches les uns au dessus des autres. Les compagnies qui avaient tenu bon sous le pilonnage avaient été fauchées l’une après l’autre, puis les cadavres avaient été ensevelis par les masses de terre que faisaient jaillir les obus, et la relève avait pris la place des morts. C’était maintenant notre tour. Le chemin creux et le terrain de derrière étaient couverts d’allemands, le terrain de devant d’Anglais. Des bras, des jambes, des têtes dépassaient des talus ; devant nos terriers, nous vîmes des membres arrachés et des corps sur lesquels on avait parfois jeté, pour échapper au spectacle perpétuel des visages défigurés, des manteaux ou bien des bâches. »

 

Ernst Junger « Orages d’acier »

 

 

 

Ceux qui ne revinrent pas - 2ème partie

 

Pour les cyclistes en activité, le début de la guerre avait provoqué un arrêt des compétitions que tout un chacun avait espéré de courte durée. La situation était très différente d’un pays à l’autre. Dans les tranchées, la vie ou plutôt la survie s’organisait. Chacun était bien conscient de la fragilité de l’existence et de l’injustice aveugle qui frappait à chaque instant. Pour ceux qui n’étaient pas au front, la situation était moins dramatique et certains cyclistes purent même continuer en pointillé à pratiquer leur sport préféré. En Espagne, Suisse, Hollande, les compétitions continuèrent durant toute la guerre.

En Italie, le nombre de courses diminua fortement mais le Tour de Lombardie ne s’arrêta jamais et Milan San Remo ne fut interrompu qu’une seule année en 1916. En 1917, le belge Philippe Thys, le suisse Oscar Egg et le permissionnaire français Henri Pélissier sont les vedettes étrangères des classiques italiennes face aux locaux emmenés par Costante Girardengo et Gaetano Belloni. En France, la première compétition durant la guerre, semble avoir été un Paris Orléans organisée en 1915. Une vingtaine d’épreuves au total eurent lieu ensuite jusqu’à la fin des hostilités. Il s’agissait d’abord selon Jean Durry de sorte de préparation militaire. 15 à 20 concurrents étaient autorisés à prendre le départ dans une tenue militaire « pantalon serré à la cheville ou treillis boutonné sur le mollet ». En 1917, de belles épreuves réapparurent enfin en France : Paris Tours (1er Ph Thys), Trouville Paris (1er Pélissier).

Au départ des courses, des nouvelles des adversaires et néanmoins collègues circulaient entre les coureurs et les partants apprenaient chaque fois la disparition de plusieurs d’entre eux. On peut se demander dans quel état d’esprit se trouvait alors ces hommes durs au mal. Cela ne devait pas être facile d’avoir la hargne, l’envie de gagner et de tout donner dans de telles conditions.

 

 

 

Henri Alavoine

Henri Alavoine

 

Henri Alavoine était probablement moins doué que son frère Jean mais il fit une carrière honorable tout en se mettant régulièrement au service des ambitions de son frère. Il termina le Tour de France à 4 reprises obtenant son meilleur résultat en 1913 : 25ème. Victime d’une chute d’avion, il est décédé le 19 juillet 1916 à l’hôpital de Pau.

 

Louis Bonino

 

Louis Bonino. Professionnel de 1910 à 1914, Louis Bonino a d’abord couru avec des sponsors personnels : Roques en 1910 puis Bastide en 1911 avant de courir trois années durant en tant que professionnel indépendant. Il est décédé le 10 mars 1918 à Marseille des suites d’une congestion pulmonaire contractée au front.

 

Georges Cadolle

Georges Cadolle Né le 24 mars 1889 à Buenos Aires, en Argentine, Georges Cadolle passa professionnel en 1910 au sein de l’équipe Alcyon Dunlop aux côtés de Gustave Garrigou, Eugène Christophe, Octave Lapize, Cyrille Van Hauwaert.  Il est décédé le 2 aout 1916 à Cerisy Gailly. Il a été déclaré « Mort pour la France ».

Léon Comes

Léon Comes

Léon Comes n’a pas le palmarès ni probablement le talent de son beau frère, Léon Hourlier, avec qui il a trouvé la mort lors d’un accident d’avion à Saint Etienne au Temple dans la Marne, le 16 septembre 1915. Il était, pourtant un bon pistard très à l’aise dans les six jours. Né le 11 février 1889 à Perpignan, il comptait à son palmarès une 3ème place lors du championnat de France du sprint en 1908, une victoire au grand prix d’Angers 1909 ainsi que lors des six jours de Paris 1914, associé à son beau frère. Associé à Petit Breton il a également terminé 2ème des 6 jours de Bruxelles 1912.

Léon Comes

René Edouard Louis Cottrel

René Edouard Louis Cottrel. 47ème du Tour de France 1914, René Cottrel était natif de Saint-Ouen (18 juillet 1885). Il est décédé le 5 novembre 1916 à Vaux.

 

Albert Delrieu

Albert Delrieu. Ce coureur, né le 25 novembre 1886 dans le 16ème arrondissement de Paris, était passé professionnel sur le tard en 1914 et dès le début du conflit il avait rangé son vélo pour devenir pilote. Son avion fut abattu par les allemands, le 20 mars 1916 à Uzein et il a été déclaré « mort pour la France » .

 

Bruno Demke

 

Bruno Demke

Bruno Demke - Stayer de renom dans son pays, Bruno Demke est né le 27 août 1880 Professionnel de 1902 à 1914, il a remporté de nombreuses épreuves au cour de sa carrière dont le Grand Prix d’Europe en 1910. Il a troqué son vélo pour les commandes d'un avion au début de la guerre. Blessé une première fois en vol, il réussit à traverser les lignes ennemies et à revenir à bon port ce qui lui valut la croix de fer, haute distinction de l’armée allemande. Il est mort le 24 août 1916 dans l’accident de son avion lors du décollage à l'aéroport de Döberitz dans le Brandebourg. Bruno Demke avait 36 ans.

Bruno Demke

Richard Dottschadiss

Richard Dottschadiss Coureur de talent, Richard Dottschadiss a gagné en 1912 la classique allemande Halle, Potsdam, Halle. Il fut incorporé dans l’armée allemande dès le début de la guerre. Presque continuellement dans les tranchées du front occidental et y mourut bêtement d’une appendicite en 1916. Richard Dottschadiss avait 23 ans.

 

Albert Eickoll

Albert Eickoll. Né en 1886, Albert Eickoll était un coureur polyvalent à l’aise sur la route comme sur la piste. Il a remporté le Rund um Wuppertal et du Rund um Duren en 1910 ainsi que Hannover-Hamburg-Hannover et Ludwigshafen-Basel-Ludwigshafen en 1911. En 1912 associé à Otto Rosenfeld, il a enlevé les 6 jours de Francfort.

Emile Engel

Emile Engel

 

Émile Engel Né le 5 avril 1889 à Colombes et mort le 14 septembre 1914 à Maurupt-le-Montois, Emile Engel fût professionnel de 1910 à 1914. Il a remporté une étape du Tour de France 1914. Son frère Louis a également été coureur professionnel. 1914 avait été pour Emile Engel, l’année de la confirmation, il était désormais un coureur sur qui il fallait compter dans les classiques tout comme dans les épreuves en ligne qui convenaient à ses talents de routier sprinteur.

palmares

1910
Vainqueur de la 10ème  étape du Tour de France des indépendants
3ème de Paris-Tours
1911
1er 12ème étape du Tour de France des indépendants
1913
1er 1re étape du Tour de Belgique
1914
1er 3ème étape du Tour de France, 2ème de la 15ème étape, 10ème du Général
2ème du championnat de France sur route
2ème de Paris-Menin
2ème de Paris-Tours

Emile Engel

Source : gallica.bnf.fr

(bibliothèque nationale de France).

 

 

François Faber et Emile Engel (à gauche) lors de la course des 6 heures de Buffalo - 1913)

Jacob Esser

Jacob Esser. Né à Koln (Cologne), le 23 septembre 1893, Jacob Esser suivi le chemin tracé par son frère ainé Jean, et comme lui, il devint pistard. Il était considéré comme un excellent stayer dans son pays. 3ème des 6 jours de Mainz (Mayence) et 5ème des 6 jours de Francfort en 1911. On le retrouve en 1912, 5ème des 6 jours de Bruxelles avec son frère, 8ème des  6 jours de Berlin. Il fût tué le 8 juillet 1917.

 

René Etien

René Etien Né le 28 juin 1886 à Saint Jean d’Angely, René Etien fut pro individuel en 1912. Il a été tué lors de la bataille des Dardanelles, dans la presqu’ile de Gallipoli en Turquie, le 6 mai 1915, lors des violents combats qui opposèrent l’armée Ottomanes aux alliés dont les forces étaient composées de troupes britanniques, françaises, australiennes et néo-zélandaises.

 

François Faber

François Faber Vainqueur du Tour 1909, second du Tour en 1908 et 1910, 5ème du Tour 1913, 7ème en 1907 et 9ème en 1914, François Faber était probablement l’un des plus grands champions de sa génération. Né dans l’Eure à Aulnay sur Iton, le 26 janvier 1887, d’un père luxembourgeois et d’une mère née en Lorraine, François Faber obtint la nationalité luxembourgeoise en 1909. Il était pourtant le plus français des luxembourgeois et n’écoutant que son courage, il s’engagea dans la légion étrangère seulement cinq jours après la déclaration de guerre. Il fut tué au combat le 9 mai 1915 au mont Saint Eloi près de Carency lors de la bataille des ouvrages blancs. Il est décédé quatre jours seulement après la naissance de sa fille…

faberpalmares

Tour de Lombardie 1908
Tour de France 1909
Paris Bruxelles 1909
Sedan Bruxelles 1909
Paris Tours 1909€
Paris Tours 1910
Bordeaux Paris 1911
Paris Roubaix 1913
Vainqueur de 17 étapes du Tour entre 1907 et 1913

François Faber

Victor Fastre

Victor Fastre. Le coureur belge, né à Liège le 19 mai 1890, aimait tout particulièrement sa région car c’est là qu’il obtint les meilleurs résultats de sa brève carrière. Vainqueur de Liège Bastogne Liège en 1909, il passa professionnel en 1910 au sein de la brillante équipe Alcyon Dunlop qui comptait dans ses rangs Gustave Garrigou, Engène Christophe, Octave Lapize, Cyrille Van Hauwaert. Il termina 5ème de celle que l’on n’appelait pas encore la doyenne des classiques en 1912. Il est décédé le 12 septembre 1914.

Victor Fastre
Source : http://siteducyclisme.net

Ernst Franz

Ernst Franz, Inconnu en France, il avait tout pour devenir un très grand champion. Né le 8 mars 1894 à Karlovy Vary. ce coureur allemand était si doué qu’il passa professionnel à l’âge de 17 ans. Grimpeur, rouleur et sprinteur, Ernst Franz avait tout pour s’imposer sur les classiques comme sur les grands tours. A 19 ans, il réussit l’exploit de remporter le réputé Tour de Cologne (Rund Um Köln) 1913 En 1914, il s’adjugea à nouveau le Rund um Köln, ainsi que le championnat d’Allemagne professionnel. Il est décédé le 9 février 1915 sur le front des Carpates. 

 

 

Emile Friol

Emile FriolEmile Friol Le drômois Emile Friol était un coureur très talentueux comme en témoigne ses deux titres de champion du monde de vitesse et de multiples titres de champion de France. Né le 6 mars 1881 à Tain l’Hermitage, il est mort bêtement le 16 novembre 1916 dans un accident de moto près du village de Dury. Selon le Docteur Aurenche qui lui a consacré un livre, Emile Friol aurait été renversé alors qu’il circulait à moto dans le cadre de son service, par un camion américain fou. Le chauffeur de ce véhicule aurait été tué par une balle allemande quelques instants avant qu’Emile Friol ne le croise.

 

Départ du match Ellegaard – Friol (à droite), vélodrome Buffalo, 23/10/1910

Emile Friol Emile Friol

Emile Friol

palmares

1904    1er du Championnat de France, Piste, Sprint,
1905    3ème Championnat National, Piste, Sprint, Elite,
1906    1er du Championnat de France de Sprint,
            1er du Grand Prix de France
            3ème du Championnat du Monde, Piste, Sprint,
3ème du GP de Paris, Sprint,
1907    8 victoires dont :
1er du GP de Paris, Sprint
1er Championnat de France de Sprint
1er du Championnat du Monde, Piste, Sprint,
3ème du Grand Prix de Copenhague (DEN) 
1908    3 victoires dont
            1er à GP de l´UVF, Sprint
2ème du Championnat de France de Sprint
1909    1er du GP de Paris, Sprint
            Champion d’hiver de vitesse
1910    12 victoires dont :
1er du GP de l´UVF, Sprint
1er  u GP de Paris, Sprint
1er Championnat de France de Sprint
1er du Championnat du Monde, Sprint,
            1er du championnat d’Europe de Vitesse
1911    6 victoires dont :
1er du GP de l´UVF, Sprint
2ème du Championnat de France de sprint 
1912    3 victoires
2ème du GP de l´UVF, Sprint
3ème à GP de Paris, Sprint (FRA) 
2ème du Championnat de France de Sprint
1913    4 victoires dont :
1er Championnat de France de Sprint
2ème du GP de l´UVF, Sprint
1914    1er grand Prix de Paris
2ème Championnat de France de Sprint

Fritz Finn

 

Fritz Finn Né le 17.05.1888 à Anklam, petite ville située dans le Land du Mecklembourg-Poméranie-Antérieure [Mecklenburg-Vorpommern] Fritz Finn est un pistard allemand, mort pour l’Allemagne le 16.09.1915 Vilnius en Lituanie. 5ème des 6 jours de Dresde en 1912, sélectionné en équipe d’Allemagne pour les championnats du monde de vitesse de Leipzig en 1913, il s’était également produit sur les pistes de Copenhague et de Paris où on le retrouve à deux reprises 2ème de courses de primes au Veld’hiv en décembre 1912.

(Remerciements à Calumet et ses amis "généacyclistes")

Franz Gregl

Franz Gregl. Considéré alors comme l’un des meilleurs routiers allemand, Franz Gregl a remporté la version organisée pour les militaires de la grande course autrichienne de l’époque le « rund um die Gletscher ». Il disparaît en 1915 lors d’un combat aérien. Après sa mort, Franz Gregl reçu à titre posthume la Croix de fer.

Emile Guyon Emile Guyon. Pro individuel en 1913 et 1914, Charles Emile Guyon était le fils d’un horloger originaire du Doubs et installé à Locle en Suisse. 26ème du Tour de France 1911, 43ème en 1914, il s’est engagé dans l’armée française à Besançon, dès le début de la guerre. Caporal, il est mort dans un accident d’avion à Pau. Son nom figure sur le monument aux morts de la ville d’Annemasse en Haute Savoie (source mémoire du cyclisme).
Franck Henri

François Henri dit Franck Henri est né le 5 octobre 1892 à Landerneau. Grand espoir du cyclisme français sur piste, champion de France de cyclisme en 1913 et 1914. Vainqueur de près de 25 courses dont deux fois sur le mythique Paris-Roubaix, il a été tué le 9 novembre 1914 à Courcelles sur Vesles.

Franck Henri
12 octobre 1913, Buffalo, match Lapize contre Franck Henry

Léon Hourlier

Léon HourlierLéon Hourlier - On associe souvent Léon Hourlier à son beau frère Léon Comes avec qui il fit équipe dans des épreuves de six jours, car ils trouvèrent la mort dans le même accident d’avion à Saint Etienne au Temple dans la Marne, le 16 septembre 1915 alors qu’ils rendaient visite à un autre aviateur connu, le boxeur Georges Carpentier.

27 avril 1913, Vélodrome Buffalo (ci dessous)

Léon Hourlier

Léon Hourlier

Né le 16 septembre 1885, Léon Hourlier était un pistard de talent, il totalisa de très nombreux succès tout au long de sa carrière : 11 victoires en 1908, 12 en 1909, 11 en 1910, 18 en 1911, 28 en 1912, 9 en 1913 et 7 en 1914.

Léon Hourlier palmares

 

1908    1er Championnat National, Piste, Sprint, Elite,
1909    1er du Grand Prix de Barcelone
1910    1er du Grand Prix de Rennes
1911    1er Championnat National, Piste, Sprint, Elite,
1er du Grand Prix de Paris
2ème du Championnat du Monde, Piste, Sprint, Elite, Rome 
2ème du Grand Prix de Copenhague, Sprint, (DEN) 
3ème du GP de l´UVF, Sprint
2ème du GP de Paris, Sprint
1912    1er du GP de Paris, Sprint
1er championnat d’Europe de vitesse
1913    2ème Championnat National, Piste, Sprint, Elite,
1914    1er du GP de Paris, Sprint
           1er de Grand Prix de Berlin
1er  Championnat National, Piste, Sprint, Elite,
1er des Six Jours de Paris avec Léon Comès,

Léon Hourlier était un coureur populaire et profitant de sa notoriété il a également écrit un petit opuscule intitulé « Le vélo, Comment je m’entraîne ! Le chiqué ! Conseils aux jeunes, etc !

Emile Lachaise

Emile Lachaise Passé professionnel tardivement en 1909, Emile Lachaise était né dans le deuxième arrondissement de Lyon, le 13 octobre 1880. Pro de 1909 à 1914, il avait prit la 20ème  place du Tour 1909. Disparu au combat, il a été déclaré décédé le 25 septembre 1915 à Tahure dans la Marne.

 

François Lafourcade

François Lafourcade 14ème du Tour 1910 après avoir prît la seconde place du Bol d’Or de Paris et terminé 5ème de Bordeaux Paris, François Lafourcade était un coureur polyvalent. Sa carrière fut interrompue en 1912 par une sale affaire. Il fut accusé d’avoir empoisonné Paul Duboc, second du classement général, lors de l’étape Luchon Bayonne du Tour 1911 et il fût suspendu à vie par l’Union Vélocipédique de France. Ne réussissant pas à obtenir sa réhabilitation auprès de l’UVF, il signa en 1913 une licence à la Société des Courses, petite fédération concurrente de l’UVF. En 1913, il enleva le Bordeaux Paris organisé par à la Société des Courses ainsi que Paris Châtellerault 1914. Dès le début de la guerre, il s’engagea et devint pilote d’avion en 1915. Il est mort lors d’un combat aérien. Son avion ayant prit feu il aurait tenté dans un geste désespéré de sauter de son appareil, le 16 août 1917. Pour certains le lieu de son décès est la commune du Tréport pour d’autres il s’agît d’Eu.

François Lafourcade
5 Juin 1911, vélodrome de Buffalo, course de  24 heures, D'Anest et Lafourcade (à droite)

 

Octave Lapize

Octave Lapize Né le 24 octobre 1887 à Montrouge, celui que l’on surnommait « le frisé » était un coureur talentueux. 3ème des 100 kilomètres sur piste lors des Jeux Olympiques de Londres en 1908, recordman du monde de l’heure derrière moto la même année, il passa professionnel en 1909. Brillant coureur de classique il prit le départ de six Tour de France et n’en termina qu’un seul, qu’il remporta, en 1910. Octave Lapize était un patriote convaincu. Bien que réformé pour un problème de surdité, il s’engagea dans l’armée de l’air en 1915. D’abord pilote, il devint ensuite instructeur au centre d’Avord, à proximité de Bourges. Envoyé au front en février 1917, dans la région de Bar le Duc, le sergent Lapize est abattu lors d’un combat aérien, le 14 juillet 1917, en Woëvre, à Noviant-aux-Prés.

Octave Lapizepalmares

Tour de France : 1910
6 victoires d’étapes sur le Tour de France
Paris-Roubaix : 1909, 1910, 1911
Paris-Tours : 1911
Paris-Bruxelles : 1911, 1912, 1913
Championnats de France de cyclisme sur route : 1911, 1912, 1913
Championnat de France amateur sur route : 1907

Octave Lapize

Octave Lapize http://www.siteducyclisme.net

Francis Le Bars

Francis Le Bars Coureur breton originaire de Morlaix, Francis le Bars est né le 28 septembre 1889 et il est décédé le 6 octobre 1914.

 

Anselme Mazan

Anselme Mazan. Né le 16 septembre 1883, le frère cadet de Petit Breton participa au tour de France 1907 et termina entre autre 12ème de Dijon Lyon (épreuve du GP Prix Wolber) en 1909. Il fut tué au bois de la Gruerie, le 8 juin 1915. Des trois frères Mazan, seul Paul qui fût lui aussi coureur cycliste et obtint même un titre de champion de France chez les amateurs, échappa au massacre.

Lucien Mazan

Lucien Mazan dit Petit Breton. Le père de Lucien et d’Anselme Mazan après avoir subit une lourde défaite aux élections législatives perdit toute la clientèle de son horlogerie et fut contraint de s’exiler en Argentine. Lucien Mazan se passionne dès son plus jeune âge, pour les exploits de coureurs cyclistes. Il achète une bicyclette et se lance aussitôt dans la compétition sur piste où il remporte rapidement de beaux succès. Pour cacher cette pratique sportive à son père qui la désapprouve fermement, il se fait appeler « Breton ». Il devient champion d'Argentine sur piste, puis sur route en 1899 et se construit une solide réputation de coureur batailleur, attaquant et courageux. Il est par sa façon de courir très apprécié du public. Après avoir passé une partie de sa jeunesse en Argentine, d'où son surnom « l’argentin », Lucien Mazan, de retour en France, garde son pseudonyme et sa petite taille le fait désormais appeler « Petit Breton ». Il est le premier à gagner deux fois le Tour de France en 1907 et 1908. Il remporte également Paris-Tours en 1906 et Milan-San Remo en 1907. Il meurt au front, le 20 décembre 1917, dans un accident d'automobile, alors qu'il revient de convoyer des officiers.

Lucien Mazan Lucien Mazan

Lucien Mazan Lucien Mazan

palmares

Record du monde de l’heure : 41,110 km au Vélodrome Buffalo de Paris (1905)
Record du monde des 20 km : 28' 59" 4 (1905)
Record du monde des 10 km : 14' 04" 4 (1905)
Tour de France : 1907, 1908
Bol d'or : 1904 (852 km en 24 heures) (2ème: 1902)
Paris-Tours : 1906 (3ème: 1912)
Milan-San Remo : 1907
Paris-Bruxelles : 1908
Tour de Belgique : 1908 (vainqueur de 4 étapes)
Tour de Catalogne : 1909
Tour de Tarragone : 1909
Buffalo-Cup : 1909
7 victoires d’étapes sur le Tour de France
1 victoire d’étape sur le Tour d'Italie 1911
2ème sur Bordeaux-Paris : 1912
2ème sur Paris-Hesdin : 1907
3ème du championnat de France sur route : 1910
3ème de Paris-Tours : 1912

Carlo Oriani

Carlo Oriani Né le 5 novembre 1888 à Cinisello Balsamo, dans la province de Milan en Lombardie, Carlo Oriani est un coureur cycliste italien méconnu en France malgré un solide palmarès. Professionnel de 1908 à 1915, il a notamment remporté le Tour de Lombardie en 1912 et le Tour d'Italie 1913. Il a également prit la 5ème du Giro 1908. Carlo Oriani est mort le 3 décembre 1917 à Caserte des suites d’une pneumonie, contractée en plongeant dans les eaux glacées d’une rivière pour tenter de sauver un camarade.

Carlo Oriani Carlo Oriani
Carlo Oriani au départ de Paris Tours 1913

Amédéo Polledri

Amédéo PolledriAmedeo Polledri. Le plus français des coureurs italiens avait tout pour devenir un des meilleurs pistards du monde hélas la guerre en a décidé autrement. D’une famille originaire de Piacenza, Amedeo Polledri est né à Paris, le 19 février 1890. Il est venu au cyclisme un peu par hasard et c’est lors d’une épreuve sur piste junior aux Parc des Princes qu’il s’est fait remarqué pour la première fois. Son talent est si éclatant que Monsieur Allibert, le directeur sportif de l’équipe Peugeot l’enrôle immédiatement. Professionnel dès 1909, il brille lors du Grand Prix de Pâques où il réussit à battre le redoutable Thorwald Ellegaard, plusieurs fois champion du monde. C’est en France qu’Amedeo Polledri poursuit sa carrière jusqu’en 1912 année où il devient pour la 1ère fois Champion d’Italie du sprint. 3ème l’année suivante, il parvient à reprendre son titre en 1914. A la déclaration de guerre, Polledri choisit de rester dans son pays, espérant que celui-ci n’entrera pas en guerre. En mai 1915, il est mobilisé, il obtient rapidement son brevet de pilote et il devient pilote d’essai et instructeur. Il est basé à Taliedo di Milano (aéroport de Milan) et c’est là qu’il trouvera la mort le 6 octobre 1918 lors d’un accident d’avion.

Amédéo Polledri

Emile Quaissard

Emile Quaissard. Né le 30 août 1886 à Bourg en Bresse, Emile Joseph Quaissard devint, pendant la guerre, comme beaucoup d’autres cyclistes, pilote d’avion. Il fut abattu avec son avion, un Spad (« Société de Production des Aéroplanes Deperdussin  ») lors d’un combat aérien, le 15 avril 1917, au dessus de Montivilliers.

Josef Rieder Josef Rieder Vainqueur en 1912 de Bâle Kleef, course disputée sur la distance de 620 km Josef Rieder représenta son pays lors des Jeux Olympiques de 1912. Né à Munich, le 26 décembre 1883, il devint professionnel en 1913. Il a également terminé 3ème du Rund um die Gletscher en Autriche en 1914. Il a été décoré de la Croix de fer. Il est mort en 1916, à l’âge de 23 ans.
Albert Ritzenthaler

Albert Ritzenthaler, né le 05-03-1889 à Colmar (* France)- Professionnel de 1908 à 1914. Sprinteur très doué, il disparaît le 13-06-1916 à Koszalin (* Pologne) à 27 ans, lors de la chute de son avion qu'il pilotait pour la première fois.

* À l'époque de sa naissance, Colmar était allemande et faisait partie du Reichsland Elsaß-Lothringen (Alsace-Lorraine). À l'époque de son décès, Koszalin était allemande, s'appelait Köslin, et faisait parte de la province de Pommern, en Prusse

 

Remerciements à "Calumet" et ses amis généalogistes pour les précisions qu'ils nous ont apporté.

 

Albert Tournié

Albert Tournié était considéré comme un véritable espoir de la piste et plus particulièrement du sprint. Né le 11 juillet 1891 à Saint Vincent de Tyrosse, il devint professionnel dès 1911. Il fut fauché en pleine jeunesse, le 6 septembre 1918 lors d’un combat aérien à Ecury sur Coole.

Albert Tournié

 

Bailey, Rutt et Tournier (à droite) sur la photo le 6 juillet 1913, les trois gagnants du Grand prix de Paris prêts à faire un tour de piste avec l'écharpe de vainqueur au vélodrome du bois de Vincennes

 

Paul Treciakowski

Paul Treciakowski a gagné en 1912, le Rund um Dresde. Deux ans plus tard, il fût mortellement touché par une balle ennemie sur le front près de Thin-le-Moutier.

Pierre Vugé

Pierre Vugé Espoir du cyclisme, Pierre Vugé a remporté la 5ème étape du Tour de France des indépendants en 1910 et il porta les couleurs de l’équipe la Française Hutchinson en 1914 aux cotés d’octave Lapize et du champion de France, Charles Crupelandt. Né le 7 décembre 1889, dans le 19ème arrondissement de Paris, Pierre Vugé est décédé le 10 septembre 1918 à Thoix.

   

« Eté de mil neuf cent dix-huit… Vent d’espérance qui caresse les champs dévastés par le feu, ardente fièvre de l’impatience et de la déception, frisson douloureux de la mort, question incompréhensible : Pourquoi ? Pourquoi n’en finit on pas ? »

Erich Maria Remarque « A l’ouest rien de nouveau »

 

Pour ceux qui virent revenir le printemps en 1919, c’était une nouvelle carrière qui commençait. Après quatre années d’enfer, de misère et de désolation, ils étaient en vie. Les coureurs nés entre 1885 et 1890 avaient perdus leurs plus belles années et pour la génération suivante qui n’avait pu s’aguerrir lors de confrontations internationales tout était à découvrir et à apprendre. Les pelotons étaient clairsemés, les routes défoncées et les organisateurs de courses se posaient une question importante : le public et plus particulièrement dans les zones de combat, avait il encore envie d’assister à ces courses cyclistes ? Du 28 avril au 11 mai 1919, le Circuit des Champs de Bataille est organisé sur les lieux mêmes des combats. L’épreuve a pour objectif avoué de relancer le cyclisme et de montrer que la vie avec ses moments de détentes et ses menus plaisirs comme le cyclisme, reprenait ses droits. Durant l’été, le tour de France revint lui aussi sur le devant de la scène avec une innovation importante : la création d’un maillot distinctif pour le leader de l’épreuve.

Un maillot jaune, comme un nouveau rayon de soleil…

Les Géants de la route

Le peloton de tête emmené par Henri Pélissier lors du Circuit des champs de bataille 1920. Les traces des combats sont encore bien présentes.
Source Jean Durry « La véridique histoire des géants de la route »

En savoir plus

Sauf mention particulière les photos présentées ici ont été réalisées par le petit braquet.

LIVRES :

"Géants de la route"Jean Durry « La véridique histoire des géants de la route », Edition Edita

equipe "Tour de France, 100 ans"L’équipe « Tour de France, 100 ans », Denoël éditeur

L'étape assassineJean Paul Rey « L’étape assassine, Luchon Bayonne 1910 », Cairn Editions paroles de poilusJean-Pierre Guéno, Yves Laplume , « Paroles de Poilus - Lettres et carnets du front 1914-1918 », Collectif, Poche
A l'ouest rien de nouveauErich Maria Remarque « A l’ouest rien de nouveau », le livre de poche orage d'acierErnst Junger « Orages d’acier », le livre de poche
Le Grand TroupeauJean Giono « Le grand troupeau », le livre de poche  

Pour revenir à la 1ère partie consacrée aux "anciens coureurs" :

Ceux qui ne revinrent pas - chapitre I

Ceux qui ne revinrent pas - chapitre III

 
 
     

 Copyright©Le Petit Braquet || Version V.01 || Nov2005    Auteur de l'article : Alain Rivolla